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10 August 2016 @ 09:42 pm
Update Zikmu: Kestékoute?  
Ty Segall 2

Le grand damn d’une angine en plein mois d’août, c’est qu’essuyer une bonne fièvre alors qu’on avoisine déjà les 32°C l’après-midi dehors, est particulièrement bizarre. Le bon point, c’est qu’on est obligé de rester chez soi, si possible en position horizontale.
Bon, en 24h d’arrêt, j’ai quand même réussi à accueillir 3 fois le plombier pour un problème de dégât des eaux, réglé des soucis d’assurance, écrit aux impôts, deux aller-retours à la poste, des courses, une quiche au Zataar et fait un peu de ménache… le repos comme je (ne) sais (pas) le pratiquer, quoi.

Il me tarde de remonter sur mon vélo ou de pouvoir rechausser les baskets, mais en attendant, je me suis dit que j’allais mettre à profit ce temps disponible pour me refaire un peu les oreilles, et vous parler de ce que j’écoute un peu en ce moment.
Depuis que la course à pied semble occuper 95 % de mon temps de cerveau disponible (le reste n’étant pas occupé par la télévision, que je n’ai plus depuis 12 ans, mais par le travail, le vrai esclavagiste contemporain), d’aucun s’interrogent sur ma santé musicale. Pas de festival de l’été, plus de live-report sur le blog, absence des concerts-phare : j’ai reçu quelques textos inquiets, et quelques remarques chargées de remontrances discrètes.

Alors non, j’aime toujours autant la musique, et j’écoute toujours autant de nouveautés. Mais il est vrai que je n’ai plus trop envie d’assister aux concerts ces temps, car ça ne correspond plus à ma façon d’apprécier la musique. Les dernières occasions m’ont plus dégoûtée qu’autre chose : je pense que je supporte de moins en moins l’ambiance beauf bourré / minot qui se prend pour un bourrin. C’est d’autant plus vrai dans certains milieux (voir cette excellente vidéo sur le Hellfest, par un fan de métal extrême : je suis 100 % d’accord avec ce qui y est dit. Idem sur les considérations sur « la grande famille du métal » : c’est pas très consensuel, mais ça reflète bien ce que j’en pense aussi). Mais de manière générale, on retrouve un peu ce type de comportement partout : fruit de la lus grande accessibilité de ces musiques ? Phénomène de mode ? Changement de paradigme sociologique dans le milieu ?

Et puis, je suis restée perchée sur de nouvelles marottes : coincée, dans les années 70’s, les gammes bluesy, et les considérations éthérées et fumeuses. Ça a toujours été mon kiff, on ne pourra le nier, mais j’ai un gros revival ces temps. Il n’y a pas que moi, d’ailleurs, car on trouve actuellement une très belle offre créative sur ce créneau des 70’s revisitées. C’est vraiment, selon moi, la scène que je trouve la plus créative actuellement.
J’en avais déjà parlé ici : quand je parle de revival 70’s, je ne pense pas que ce soi une absence de créativité ou une resucée de mélodie déjà entendue. C’est plus une référence de départ, et un univers esthétique associé, qui peut être retravaillé, réenchanté, transcendé en même dépassé ! Je ne parle aps, bien sûr, du retour des shorts à frange et des chemisiers à fleurs chez Pimkie! Même s'il est vrai que des facettes de la mode ont eu tendance aussi à s'emparer d'une partie de l'image des 70's pour en faire un gros gloubli-glouba commercial, ayant pour objectif de faire croire à tout un chacun que porter un gilet indien est un symbole de coolitude et de libération de la femme.

Malgré tout, je trouve que les 70's sont vraiment une période charnière, riches en créativité, pleine d'expérimentations, quelles soient sociales, sportives, humaines, écologiques, esthétiques... c'est le bouleversement de nos modes de vie. Il y a encore tant de choses initiées à cette période là qu'il nous reste encore à explorer...

Donc, contre toute attente, j’ai écouté pas mal de nouveauté, et j’ai acheté aussi quelques disques pour renflouer la disco-bibliothèque !
Au palmarès de cette dernière année, pas mal de découvertes grâce à l'excellent blog We are the last beatniks :

- Anywhere : Avec des grands, on ne peut pas faire quelque chose de petit, et pourtant, parfois, c’est bien raté. Anywhere réussit la promesse de créer un son nouveau, avec de superbes compositions, avec quelques jolis noms de la scène space rock (Mike Watt, Cedric Bixler-Zavala, Krist Novoselic... ). Un seul album au compteur, éponyme, sorti en 2012 : rien avant, rien après. Et pourtant, c’est un petite perle, il n’y a rien à jeter.

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- King Gizzard and the Wizard Lizard : un mélange osé de rock 70’s, avec une touche Jetro Tüll (petite flûte traversière), mélodies un peu poudrée avec une voie masculine à la tessiture un peu particulière. Un bon gros coté autodérision/second degré, et pourtant, des passages sublimes et assez touchants.

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- Hexvessels : Ce groupe finlandais est pour moi LA découverte de cette année 2016. Il définisse leur son de la manière suivante : « psychedelic forest rock », une tournure bien personnelle et pourtant assez vraie. Il y a vraiment une carrière complète à découvrir avec des sonorités et des ambiances bien différentes d’un album à l’autre.
Mon premier coup de cœur a été sur un ancien album « No Holier temple », auquel je trouvais une inspiration franchement Neo-folk, qui m’a complètement bouleversée (album produit par Svart Records : vous voyez ce que je veux dire quand je parle de label de bon goût ? Y a des signes qui ne trompent pas !), notamment le titre « Sacred Marriage », dont les textes paganistes au possible et les mélodies un peu nostalgiques m’ont complètement transportés.

Hexvessel-No-Holier-Temple

Plus vivace, légèrement dissonant, surprenant et pourtant agréable à l’écoute, l’album suivant « Dawnbearer » marque un virage expérimental osé, avec moins de gratte sèche,e t des mélodies toujours en mode mineur, mais plus lumineuses, même si parfois plus grinçante. « Iron March », dernière production en date, tourne quant à lui vers un mariage plus apaisé de l’expérimental, et des sons tirés de la scène Stoner/Post-rock, vraiment chouette, et toujours aussi atypique.

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Une vrai groupe avec une démarche artistique et exigeante.

- Mille ans après tout le monde, j’atterris aussi concernant le très créatif TY Segall, un foudre de guerre américain qui fait feu de tout bois. Mal rasé, la chemise à carreaux sur les épaules, et la marginalité en bandoulière, ce type est pour moi le nouveau Kurt Cobain : rien à foutre de rien, et pourtant, un talent sans borne et une créativité véritablement débridée !

Ty Segall

Je l’ai d’abord découvert par la deuxième production de son side-project Fuzz : bien lourd, bien agressif, bien Stoner, et pourtant vachement pêchu avec un sens de la mélodie. Le très bon « Say hello » ou « Red Flag », de bons hymnes à la rebel attitude dans teenage touch !:) Je trouve le premier album un peu en deça, hélas, mais excellent malgré tout. Sur sa production personnelle, j’ai pris un avant-goût avec le mini « Mr Face », et j’ai acheté récemment sur un coup de tête l’album « Melted », qui m’a conquis ! Je m’essaye aussi à son autre projet Gogg. Je n’ai pas encore fait le tour, mais je pense qu’il y a plein d’autres pépites à découvrir!

- Sir Robin and the Longbow Men : tout a commencé par une curiosité attisée chez un disquaire pour cet album affublé d’une pochette curieuse : une peinture représentant une bonne grosse fat marmotte, assise sur son derrière, la gueule ouverte comme après un joyeux festin (a moins qu’il ne s’agisse d’un castor, mais dans le cadre de mes fantasmes alpins, j’ai encore du transposer!). Quelle claque à l’écoute ! Des compos parfaites, pas compliquées mais efficaces, avec une pincée de touche Cow-boy. Le disque parfait pour prendre la route en voiture, et avoir l’impression de partir pour un roadtrip de liberté, de canyons et de vent dans les cheveux, et… Ok, je me calme. Mais quand même : jetez-y une oreille !

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Malgré une réticence à la musique « marketing » et un fervent militantisme pour les labels alternatifs, et les productions confidentielles, je me suis quand même laissée récemment contaminer par des projets d’honnête facture (par quelqu’un qui n’a comme discothèque qu’un compte Deezer et un abonnement Spotify, et qui pourtant a très bon goût, comment est-ce possible?!) : la jazzy bande de Deluxe, la swing endiablé de Pink Caravane, et le bagout bien amené de Chinese Man. Autre très belle découverte, pour un nom qui sonnait comme un repoussoir pour moi : Roudoudou, alias Laurent Etienne, un français qui se cache sous ce costume de peluche. L’album « As you like it, folks ! », sorti en 2011 uniquement en version numérique, est une vraie perle : « Winter wind » a une touche presque Néo-folk avec sa touche petite gratte sèche dans la forêt, absolument parfaite et contemplative, « The lusty horn » est à faire danser les plus sérieux sur les tables, et… « the Cuckoo’s song » va transformer à jamais votre perception du petit matin en bivouac !;) A écouter absolument pour la rigolade car… je n’en dirais pas plus !

Au titre des musiques sombres, pas grand-chose à revendiqué. J’ai simplement racheté un vieil album de Summoning, fait une petite cure de « Lunar Poetry » avant le retour du soleil, une petite infusion homéopathique d’Immortal période « At the Heart of Winter », mais pas de transcendance récente, sauf peut-être le très bon dernier album des copains de Nocturnal Depression. Suite au passage à Turin au magasin de Pagan Moon Productions, et à une bonne tchatche avec le gérant bien sympa, j’ai pris une petite cure d’actualisation sur Skuggsjà, side-project du très prolifique Gaahl (un des rares véritables artistes profondément intéressant issu de la scène black), à rapprocher de son autre projet, Wardruna. Vraiment très chouette.

En japoniaiseries, je n’ai pas trop avancé la série des Japanese True Goth Scene, dont vous pouvez trouver le volet 1, le volet 2, le volet 3 et le volet 4 ici. C’est une recherche qui me coûte du temps et des sous, et mes finances ne me permettent plus de guetter les vieilles éditions japonaises d’il y a 40 ans sur Discogs. Mais je ne désespère pas de vous pondre une update aussi sur ce sujet, dès que j’aurais un peu plus avancé. Pas goth du tout, mais néanmoins très bon, la vintagerie nippone se laisse écouter pour des soirées aux chandelles sur un balcon face aux montagnes : Urami Bushi. Je suis sous le charme de la voix suave de cette japonaise, qui semble chanter des ballades entre le jazz triste et la variété éthérée. Une découverte que je dois à Hana Bolkonski, dont les exigences musicales, pourtant fort distantes des miennes, ne sont plus à démontrer.

Au titre, malgré tout, des prochaines dates sympas où on risque de me trouver :
- la tournée de Blaack Heat Shujaa, le groupe du sympathique Thomas Bellier, parti reconstruire sa vie aux US. Un nouvel album est sorti récemment, d’une superbe qualité, sorti sur le label non moins de bon goût Svart Records (une bonne référence ces temps!).
Dates de la tournée européenne :

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- le passage lyonnais des des japonais fous de Acid Mother Temple : toujours un bon moment de non-sense nippon, avec malgré tout, une sacré maîtrise musicale derrière. Z’aviez lu mon vieux live-report ? Ah, l’époque des photos pourries des concerts du Vieux Grrrrnd Zero !

- Su le registre du Dark Ambiant, Sonorité Obscures reprend les rênes de sa programmation pointue, et propose à nouveau une date sympa en Suisse : Fjernlys et Treha Sektori. Pour lire mon interview de Treha Sektori, c’est ici. Pour voir mon dernier live-report, c’est par là !

Allez les copains, ne la jouez pas perso : c’est quoi vos découvertes musicales du moment ? Qu’est-ce que vous me recommandez ? Des dates de concerts qui m’auraient échappées ?
 
 
 
 
 
hana_no_kohana_no_ko on August 13th, 2016 04:37 pm (UTC)
Encore une fois, c’est toujours un plaisir que de te lire, et lorsque tu parles de musique, je sais que je ne serai déçue. Que de pépites ! Tu me fais toujours découvrir des mélodies et des projets enthousiasmants et prenants. J’ai eu tout comme toi un coup de foudre pour Hexvessels, dont j’ai écouté les albums d’une traite, avec une préférence pour « No Holier temple », surtout « Sacred Marriage » et « Woods to Conjure ». Ils ont vraiment des associations surprenantes entre les thèmes, les mélodies et les instruments choisis, ça donne, comme tu dis, un résultat complètement atypique.
Autre coup de cœur sur Anywhere, les voix et les compositions se mêlent très bien ensemble, mais je pense que je réécouterai tout cela après m’être détachée de Hexvessels, que j’ai du mal à éloigner de mon esprit pour le moment.
Je suis très contente aussi de la vague 70's qui sévit en ce moment, décennie que j’apprécie le plus dans toute la seconde moitié du 20e siècle, cette sorte de sursaut spirituel et artistique après la Seconde Guerre et les divers appétits matériels qui l’ont suivie.
Et merci pour le gentil petit mot que tu as glissé pour moi dans cet article, crois bien que la réciproque est vraie (et la preuve en est dans ce commentaire, xD).
nokturnalclashnokturnalclash on November 10th, 2016 10:49 pm (UTC)
Merci pour ces compliments!! *rougis*
Je suis vraiment ravie que tu apprécies autant Hexvessels! Il ne pouvait en être autrement: il y a une ambiance un peu éthérée sur No Holier Temple, qui n'est pas pour déparer avec ton univers! ^^
Oui, Anywhere transporte, mais n'a pas la puissance évocatrice d'un Hexvessels, je suis d'accord! J'ai moi même du mal à décrocher de ce groupe! :)