Mon (premier) Festive 500 – crû 2019

Tout d'abord, comme c'est mon premier post de l'année 2020, je voulais vous souhaiter à tous et toutes une excellente nouvelle année : pleine de toutes les bonnes choses que chacun(e) peut souhaiter, une bonne santé, de belles découvertes et de jolis moments bien entouré(e)s.  

Belvédère du Monteynard
Belvédère du Monteynard

Dans la famille des accros du sport et des chiffres, je coche présent.  

J'adore ces challenges cons sur Strava (appli et réseau social du sportif), et cette année, j'ai envie d'une petite poussée de force pour secouer un peu l'hiver qui s'installe. Le Festive500, sous l'égide de la marque cycliste Rapha, c'est 500km entre le 24 et le 31 décembre.

Je ne me suis pas vraiment rentrée dedans depuis le trail du Petit Saint Bernard, et même si je n'ai pas fait de coupure à proprement parler, certaines semaines ont été bien allégées. J'ai pris un gros dossard pour le mois d'avril 2020, et ce serait quand même pas mal de faire un petit rappel d'endurance à 4 mois de l'objectif, avant de commencer une prépa plus qualitative. Let's go !

Je ne sais pas où me mènera 2020, mais j'ai bien aimé 2019. Pendant cette année et pour la première fois, j'ai clairement inversée la balance course à pied/vélo, grâce au soutien et à l'entrain de Pédaleur. Le sport dit « secondaire » est clairement devenu plus central sur cette année, et finalement, mes performances s'en sont vraiment pas si mal ressenties, au contraire. Le vélo me permet de travailler l’endurance sans casser trop de fibres et en réduisant les bobos que je peux avoir régulièrement sur les saisons de course à pied (entorses et tendinites en tout genre).  

Tant et si bien que je me suis parfois présentée aux compétitions assez longues (2 trails de plus de 60km et plus de 3000m de dénivelé positif) sans un entraînement que j'aurais habituellement qualifié de conséquent. Et ça marche !! Si il est clair que je n'ai pas gagné en vitesse ni en technique sur le trail cet année, c'est par contre avec un étonnant état de fraîcheur (relative) que je passe le mur des 40km sur ces deux compétitions. Pire, j'ai même un regain de forme du tonnerre sur la deuxième où je me présente sans prépa, suite à une chute en vélo, qui m'a empêchée de courir les 6 semaines avant l'objectif. Incroyable...

Arlette aime la vue!
Arlette aime la vue!

Bref, le vélo a démontré son attrait pour moi (intrinsèquement, en plus de ce côté complémentaire de la course à pied), j'en parlais déjà dans ce post. Si je peux refaire de la longue distance assise sur ma selle pour 2020, je veux bien ! Et ce Festive 500, en pleine saison hivernale, sera un bon test de remise en jambes, et de gestion matérielle : nouvelles surchausses en néoprène, nouvelles chausses en laine, découvertes des limites de batteries des appareils (GPS, feu avant…) et l'occasion de prendre des nouvelles habitudes (nouveau feu arrière Varia, avec radar intégré, pertinence ou non d'une batterie complémentaire ou d'un phare de secours, etc.). A voir si je trouve le courage de m'inscrire sur des brevets et si rouler fatiguée, comme en course à pied, ça me plaît. La réponse en bas de ce poste (pas trop de suspens, me direz-vous...)

Jour 1 :

24 décembre: je serais la plus belle pour aller rouler...
24 décembre: je serais la plus belle pour aller rouler...

24 décembre, veille de Noël, je ne travaille pas mais il pleut comme rarement, un vrai déluge en continu. Malgré les heures qui tournent, je surveille le nez au carreau, dans l'espoir d'un tarissement, voir d'une éclaircie. Rien, walou… Qu'importe, j'enfile pantalon de pluie, veste K-way, sur-chausses imperméable et dessous de casque pour 2h de sortie arrosée et venteuse : 48 km, pis ce sera tout merci. Au moins, je n'ai pas laissé le compteur sur zéro.

Jour 2 :

25 Décembre, Joyeux Noël ! C'est les fêtes, je traîne au petit dej, je me recouche même entre le ptit dej et le dej, obligations familiales… Malgré une flagellation bien constante toute la journée, impossible de me bouger pour faire un tour. A 11h, tout est encore recouvert de givre. Non, vraiment, merci, je ferais sans !

Jour 3 :

Grenoble by night!
Grenoble by night!

26 décembre, retour au turbin… sous la pluie, bien sûr !:D Je pars au taf en vélo, rallonge un peu pour gratter 2/3km de plus avant d'aller pointer (point trop parce que je suis bien saucée quand même). Dej de Noël prévu avec une copine, impossible de sortir rouler à la pause. Je sors à 17h30 et la pluie s'est éteinte, par contre il fait nuit dès le départ. Petit tour sur les hauteurs de Comboire, puis direction Vif, et Saint-Georges de Commiers, la classique que je fais habituellement le mercredi avec Liess, qui est hélas blessé, le pauvre. Je suis bien, tout va bien, si ce n'est que 1. mon phare avant pourtant chargé à plein me lâche après 2h20 de sortie, 2. J'ai oublié de relancer ma montre ou j'ai mal appuyé sur le bouton dans le noir, et je me suis donc auto-arnaquée de 12km. Si, si, j'ai fait ça. 60 km en tout (72km mais chut!)

Jour 4 :

Bureau-séchoir de 1ère classe
Bureau-séchoir de 1ère classe

27 décembre, je suis de nouveau au taf et il pleut encore ! Grosse rincée pour venir au travail, je traverse le couloir avec mon accoutrement fluo, mon pantalon de kway, mon vélo sur l'épaule et laisse derrière moi quelques flaques : discrétion assurée et bureau transformé en séchoir géant ! Quelques regards d'incompréhension, voir quelques rires… on est bien, à vélo, l'hiver !! Dur de torcher la journée, pas de pause dej car trop de taf, donc… condamnée à rouler de nuit pour ne pas laisser trop de kil sur le WE à venir, mais je ne sors pas avant 18h30 et après 9h30 de taf continu, donc je me fais violence. 45Km syndicaux sur la digue.  

Jour 5 :

Gang de girls dans la montée de Saint Aupre
Gang de girls dans la montée de Saint Aupre

Enfin le WE ! Et cette fois, une super journée en perspective car deux copines trop chouettes ont proposé de m'accompagner pour un grand tour ! Je rejoins donc Johana et Céline à 10h30, on discute l'itinéraire : je suis toujours tellement charrette dans l'emploi du temps que j'ai rien dessiné, et le tour de Chartreuse de 140 km, ça fait peut-être un peu beaucoup pour tout le monde (moi compris). On part direction Moirans, la Buisse et la montée à Saint Aupre, sur les coteaux de Chartreuse. Je maîtrise bien le coin, les montées ne sont pas trop sèches, les voitures pas trop nombreuses et ça permettra d'engranger facilement du kilomètre (900m de d+, quand même).

Aprem vélo avec Jojo et Céline!
Aprem vélo avec Jojo et Céline!

Première fois que je roule de jour et sans pluie depuis le début du challenge : ça fait un bien fou ! Mes jambes ne sont pas de première fraîcheur : je n'ai fait que des petits tours mais c'est mon 3ème jour d'affilée, et ça fait déjà 160km sur les 4 derniers jours.  

Les filles sont chouettes, se calent à ma vitesse, on discute, on rigole, on fait des pauses miam car on est 3 à avoir du mal à ouvrir les papiers de barre en roulant (et ouai, y a pas que moi, ça me fait plaisir!!). On chope un jambon beurre et un éclair à la Chartreuse à Saint Laurent du Pont avant de rentrer. Pour engranger encore du kilomètre, je ramène Céline jusqu'à Meylan, et tournicote dans Grenoble. 106Km, mais j'ai plus trop le goût pour plus, et avec les pauses, la lumière est déjà sur le déclin.

Jour 6 :

Saint-Nicolas du Macherin, dans les dernières lueurs du jour - au fonds, la Grande Sure.
Saint-Nicolas du Macherin, dans les dernières lueurs du jour - au fonds, la Grande Sure.

Grand beau temps ! Par contre, je suis un peu vannée. Pas forcément qu'à cause du vélo, mais aussi du taf. Je traîne la matinée, redors 1h après le petit dej, m'extirpe difficilement de cette torpeur. Alain a pitié et m'accompagne les 30 premiers km.

Les cuisses sont chargées de la veille, et même en me tartinant de camphre et de gaulthérie, je mets bien 30km de fond de plaine à chauffer ! Je m'étais mis dans la tête que je filerais direction Vif et le col de l'Arzelier, pour changer de la veille, mais la cuvette grenobloise reste embouteillée sur une bonne couche nuageuse, et je repars donc dans les coteaux du Voironnais.

Finalement, c'est rassurant, je fais la même montée que la veille donc c'est facile de quantifier mon effort. Je suis clairement quelques km/h en dessous de la veille, mais c'est pas encore trop ridicule en moyenne, je m'attendais à pire. Pause boulangerie à Saint-Etienne de Crossey : après un formidable croissant au jambon réchauffé au micro-onde (si, je l'ai trouvé bon, parce qu'il était CHAUD), je me sens pousser des ailes pour monter au col des Mille Martyrs… et puis je me ravise à mi-route, en pensant au 150km qui resteront pour les deux jours qui suivent ! XD retour par les gorges de Crossey et le col de la Placette, où là aussi, pour un cramosaure qui a déjà bien borné, je ne me sens pas trop hors jeu. Parfait, préservons cette énergie. 85Km pour ce dimanche !

Jour 8 :

Arlette se prends pour une princesse
Arlette se prends pour une princesse

Retour au taf qui n'en est pas un, à moitié malade le matin, grosse insomnie et quelques soucis… Bref, je sors quand même pour 52km vers 14h car il fait soleil, et que malgré tout il faut y aller. Les sensations ne sont pas mauvaises pour ce 5ème jour d'affilée, mais la solitude me pèse et je ne SUPPORTE PLUS les pistes cyclables qui mènent à mon domicile et que je prends tous les fucking jours !

Tout va bien, je ne force pas, et je me préserve pour demain. 52Km, il ne reste plus que 100 bornes à faire mardi.  

Jour 9 :

Nadine face au Taillefer dans la montée vers la Motte-d'Aveillans
Nadine face au Taillefer dans la montée vers la Motte-d'Aveillans

Mardi 31 décembre : dernier jour de l'année et dernier jour du challenge ! Pas de boulot et rendez-vous à 9h30 avec Eric et Nadine, que je rencontre pour la première fois. Direction Monteynard pour une petite danse de 100km entre le Triève et la Matheysine ! Il fait super froid ce matin, tout est gelé, la nature est blanche de givre et on zieute la route pour ne pas prendre la mauvaise plaque de verglas. On se fait insulter trois fois dans la première heure, y compris par un chasseur qui nous explique depuis son carreau que « faut pas prendre les ronds-points en vélo » (ah bon ? Et on fait comment, on passe au milieu?!)

Tagada, tagada, voilà les Dalton
Tagada, tagada, voilà les Dalton

C'est bon de rouler avec des copains, même si de nouveau, avec la fatigue, je mets bien 30 km à chauffer. Dans la rampe qui monte à Monteynard, je me traîne à 10km/h, bien loin de mes stats de cet été sur la même portion avec Damien. Mais il fait beau, et les copains sont sympas !

Arrivés à Monteynard, au vu de l'état de mes cuisses (2 parpaings en béton douloureux après 7km de montée), j'annonce que je raccourcis et que je ne plonge pas en direction des corniches du Drac. Eric essaye de nous escroquer, maintenant que ça fera que 1000m de D+ au total, alors qu'on a déjà tapé 700m :'D Il faut rentrer en débat. Je ne veux bloquer personne, chacun doit profiter au mieux de cette belle journée, mais de mon côté, je ne veux plus me traîner en PLS comme à la fin de la Napoléon où j'ai chouiné dans la rampe à 14 % qui grimpe à Corps. Finalement, Nadine ne veut pas non plus se renvoyer des bosses : on convient de continuer 200m de mètres de montée jusqu'à Saint Jean le Vieux pour basculer sur Laffrey. itinéraire connu et rassurant pour moi ! :)

Arlette aime la vue!
Arlette aime la vue!

Laffrey : on trouve enfin une boulangerie ouverte : pizza à on ne sait pas quoi (mais beaucoup de fromage), et délicieuse part de bûche avec une mousse de marron glacé ! :P On repart dans une descente bien à l'ombre direction Séchilienne, puis retour par Vizille et les côteux de Vaulnavey pour éviter la danse des bagnoles. De retour à Grenoble, on se pose au bar du mont Rachais pour une crème brulée et une tarte au citron en terrasse au soleil !

Eric et sa tarte au citron
Eric et sa tarte au citron

Je redécolle direction la maison, et moyennant quelques circonvolutions dans ma commune pour atteindre un chiffre rond, j’atteins l'objectif des 100km avant 16h ! Challenge terminé !

Devant le château de Vizille
Devant le château de Vizille

Conclusion de la Festive semaine :D

A l'exception du dernier jour, les jambes tiennent bien y  compris en montée avec le nouveau débattement de flemmarde posé à l'été (32 dents à l'arrière au lieu des 28 précédemment). Autre constat qui se confirme : je peux faire des dizaines et des dizaines de kilomètres de plat, même avec les jambes flinguées, je ne sens pas grand-chose. Ça fait toujours débat en fin de sortie avec Liess, cette affaire : moi je veux rentrer par le plus plat quitte à faire 20km de plus, et lui préfère, grimper un peu mais plus court. Il faudra donc quand même travailler les montées qui restent le point faible ! Mais j'ai fait ces 500km avec 3720m de D+, ce qui n'est pas trop ridicule (en même temps, les fonds de plaine ici manquent un peu de piment…)

Je sens par contre que j'ai perdu la super endurance de cet été, en tout cas je me lasse un peu plus vite, mais c'est certainement dû au froid de gueux qu'il faut endurer aussi à cette saison : du coup, je n'ai pas fait de sorties de plus de 100/110 km. De ce coté, j'ai un peu mieux trouvé mon équilibre pour les pieds avec un combo efficace chaussettes en laine mérinos + sur-chausses en néoprène. C'est ultra-moche, j'ai des jambes de lutteur japonais avec ces merdes aux pieds, mais ça tient à peu près sur les 2 ou 3 premières heures (après, de toute façon, je finis avec 2 glaçons sur les pédales). Coté veste, je n'ai pas encore complètement trouvé le bon compromis : la membrane est trop fine, même si elle coupe bien le vent, et la veste hiver trop chaude en montée, et du coup trempée en descente… La vie est une question de choix ! XD

Coté lampes, à retravailler aussi pour de la vraie longue distance, car finalement, les autonomies ne sont pas folles à pleine puissance. Or, en cas de nuit noire, il est difficile de se contenter d'un filet plus faible sur le plat ou les descentes (en montée ça va, je vais moins vite).  

Trois ombres sur le bitume de Sain-jean-le-Vieux: tremblez pauvres chauffards!!
Trois ombres sur le bitume de Sain-jean-le-Vieux: tremblez pauvres chauffards!!

Nouvel investissement plus concluant à l'arrière : le père Noël cycliste m'ayant offert un joli phare Varia RTL510 de chez Garmin. Un feu paramétrable avec mon GPS de vélo, qui fait également radar, c'est à dire qu'il permet de détecter les voitures qui arrivent par derrière, et leur vitesse de progression. L'information est retransmise sur mon écran de GPS à l'avant. Cela évite de se faire surprendre par des chauffards à toute berzingue et permet d'entamer les descentes plus en sécurité sans forcément serrer la bordure tout le temps, si la route est libre. Coté lampe à proprement parler , le mode saccadé est vraiment bien, et permet de lancer des flash rouges irréguliers et brillants, qui sont visibles par un automobiliste en plein jour: il est annoncé pour 15h d'autonomie en flash saccadé. Ça a l'air de marcher… sauf que quand le GPS Garmin perd le signal du feu arrière puis se reconnecte, on perd un peu d'énergie, et le feu se relance par défaut en mode continu (qui du coup, ne tient que 3h30 d'autonomie). Ça doit pouvoir se programmer, je regarderais plus en détail ! Je garde donc une petite tête rouge qui pèse moins de 5g pour un éclairage de 5 lumens, sur la sacoche de sous-selle, qui coûte 10€ chez Décath. En cas de panne sèche, ça permet de rester visible de nuit.  

Reste à travailler l'autonomie du phare avant. Je vais regarder les nouveau système de Dynamo : ça a bien dû s'alléger en 30 ans, ces bêtes-là ?! Par contre, depuis que j'ai réglé le Garmin en mode économie d'énergie, j'ai l'impression qu'il tient un peu mieux la charge. Mais je vais également enlever tous les accessoires qui ne servent qu'à l’entraînement : capteur de cadence et tutti quanti, je pense que je peux encore gagner en autonomie. Vu que je ne fractionne pas en vélo...

Egovélo 6
Egovélo 6

Autre découverte : la mini-sacoche à fixer sur la barre de cadre avant me ballote dans les jambes en danseuse : je sens qu'elle ne va pas sortir souvent, celle-ci ! Il fallait l'essayer pour s'en rendre compte. A affiner donc, également pour le volet bagage en voyage : j'étais moins gênée quand je mettais tout dans une sacoche avant. Mais cette sacoche-ci demande un affinage du système de fixation, car quand elle se détend, elle peut avoir tendance à faire des touchettes sur la roue avant. Je ne veux pas réinvestir dans un sac, donc je pense me contenter d'un système de tendeurs à rajouter dessus : on verra ça aux beaux jours, j'espère que je pourrais repartir à vélo sur quelques week-end !

Voilà ! J'espère que ces considérations détaillées ne vous auront pas trop lassés !

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