nokturnalclash

Sport et féminité

Cirque de la Miséricorde 1
Cirque de la Miséricorde 1

Je ne me suis jamais sentie ni revendiquée féministe. J'ai du mal avec le féminisme de lutte, classique, que l'on entend beaucoup. Et pourtant... il porte par moment des discours tellement fondamentaux! J'ai néanmoins bien conscience que c'est grâce au combat de ces femmes que je dispose du droit de vote, que je peux avoir un compte en banque sans consentement de mon mari ou de mon père, et que j'ai la liberté de pouvoir choisir d'avoir un enfant ou non, de le garder ou non. Mais je suis née avec ces « acquis », et jusqu'à tard, la question de sentir ma place en danger ne s'est jamais vraiment posée pour moi. Jusqu'à récemment...

1. L'histoire personnelle

Contrairement à d'autres filles (j'avais cette conversation récemment avec Elise), je n'ai pas reçue une éducation particulièrement « sexuée » : on ne m'a pas obligée à jouer à la poupée plutôt qu'aux petites voitures. Et on ne m'a pas dorlotée comme plus fragile qu'un garçon. J'ai eu des poupées comme de nombreuses filles, mais j'ai aussi eu plein d'activités et de passions, soutenues/entretenues par ma famille, qui pourraient être considérées comme plutôt masculines : VTT, rallye de voitures, scoutisme…  

Pionniers
Pionniers
14 ans, en Roumanie, avec les pionniers (scouts de France)
14 ans, en Roumanie, avec les pionniers (scouts de France)

Je n'ai jamais souffert d'aucune discrimination, ou vraiment très à la marge, avant mon entrée dans le monde du travail. Durant la post-adolescence/début de vie adulte, j'ai beaucoup évolué dans le milieu du métal, et plus particulièrement du black métal, qui est pourtant très peu féminisé, à l'inverse du métal symphonique et de la scène gothique. Je n'ai jamais souffert de ma place de fille dans les bandes de mecs que je fréquentais, je n'ai jamais eu de main au cul dans les concerts que je fréquentais, jamais de manque de respect, jamais trop de remarques graveleuses, en tout cas pas à mon encontre. Et cela ne m'a jamais gênée de rire à des blagues grasses, car je ne les ai jamais trouvé insultantes envers « les femmes ». J'ai plutôt joui d'une sympathie spontanée dans ce milieu de mecs, qui était plutôt contents qu'une fille accepte et aime cette musique « violente », ce son brut, ces bières tièdes, ces soirées où l'on s'enivrait de 86 (et oui… pendant que d'autres sirotaient du Malibu en boîte de nuit, nous on faisait du feu en pleine nature et on écoutait des voix d'outre tombe hurler vers le ciel en crachant du feu!) et de gros son, de grand air, et d'une vision radicale de la vie.

Premier boyfriend, quelque part dans les Carpathes, 15 ans
Premier boyfriend, quelque part dans les Carpathes, 15 ans

Je n'ai jamais ressenti autour de moi ce « masculinisme hégémonique »… avant de le rencontrer dans le monde du travail. Au fond, avant de rencontrer des gens que je n'avais pas choisi de rencontrer, et de prendre de plein fouet ce que d'autres femmes décrivent depuis plusieurs années : rabaissement, manque de confiance de la part de collaborateurs masculins, présomption de manque de caractère, ou au contraire, présomption d'hystérie, blagues grasses hors contexte de fête, contact physique déplacé, surnoms nuls et discréditant professionnellement… Rien de grave au final, car pour la plupart des hommes avec qui j'ai travaillé, il ne s'agit que de quelque chose de pas très conscientisé qui est vite corrigé par la particularité du rapport de confiance et de collaboration que l'on arrive à établir avec : la légitimité du travail produit, l'honnêteté, la réactivité dans le travail font que j'ai finalement gagné la confiance de la plupart des sceptiques, si l'on exclue les connards macho jusqu’à la moelle, qui sont en réalité des gens assez mal dans leur peau.  

17 ans, 3 semaines de trek avec l'UCPA dans les Alpes, entre France et Italie
17 ans, 3 semaines de trek avec l'UCPA dans les Alpes, entre France et Italie

2. Le sport :

Notre présence féminine est généralement assez valorisée. Coté course à pied, la discipline est désormais ultra-féminisée. Notre présence va en décroissant avec la distance, le dénivelé et la technicité du parcours, mais je ne suis jamais la seule fille, et on voit de plus en plus de nanas se lancer dans des ultra, et y réaliser de très belles performances.

Ponctuellement, sur certaines course, j'ai pu bénéficier d'une admiration un peu démesurée du fait justement de cette rareté, qui est presque assez grisante : sur le grand trail du lac, c'était je pense même dur pour les hommes à coté de moi. Les gens poussaient des soupirs d'admiration « une femme... » aux passages proches d'une route ou des points de ravitaillement, alors qu'on faisait tous le même effort, au final. Les hommes avec qui j'ai couru avaient d'ailleurs tous tout autant de mérite.  

Je m'entraîne quasi-exclusivement avec des hommes, maintenant que j'ai quitté Lyon, et que je n'ai plus ma Steph à mois d'1,5 km de la maison. Même si j'ai rencontré de chouettes filles qui font du sport, notamment grâce à Frappulover et le gang des Ravioles, j'ai du mal avec les groupes de filles. J'ai l'impression que plus on s'isole nous aussi en groupe, plus il sera difficile de réintégrer les groupes d'hommes.

Pour avoir grandi plutôt avec des garçons, j'aime bien l'absence de prise de tête qui y règne. On se fout de son apparence, on crache par terre, et on ne m'embête pas quand je ne parle pas. Contrairement aux idées reçues, il n'y a pas que des blagues graveleuses et on y parle assez peu de filles ni de fesses ; et quand on me dit que je me traîne, je ne le prends pas comme une atteinte au sexe féminin, car les garçons se bâchent pas mal entre eux. Moi je rigole bien avec les garçons. On pourrait dire que c'est parce que je suis justement souvent la seule femme du groupe, mais je ne pense pas. Je n'ai pas l'impression qu'ils modifient leur comportement parce que je suis là, en tout cas pas ceux que je fréquente sur la durée.  

L'ami David lors d'un concert de Nocturnal Depression: la scène black bien plus en avance sur les valeurs du monde contemporain que de qu'en pense le commun des mortels.
L'ami David lors d'un concert de Nocturnal Depression: la scène black bien plus en avance sur les valeurs du monde contemporain que de qu'en pense le commun des mortels.

Je saoule absolument tous le monde dans mon entourage avec ce super podcast nommé « Les couilles sur la table », qui traite des masculinité avec un angle féministe. C'est un podcast féministe, oui, mais qui interroge aussi des hommes (mais pas que!), plutôt des spécialistes (philosophes, anthroplogues, sociologues, spécialistes des études de genre…) et ne tombe guère dans les panneaux du sujet.  

Et j'ai justement été assez déçue sur l'épisode sur le « boys club »… j'ai trouvé cet épisode trop systématique. Sous prétexte qu'on forme un club de garçons, on dirait que ça allait « déraper ». Je fréquente plein de garçons que je pense super respectueux avec les femmes et qui ne se sentent pas « opprimés » ni « bridés » par leur présence. Le fait de se retrouver entre mecs rejailli plus du fait que peu de femmes pratiquent leur sport, plutôt que d'un refus de leur présence. Tous les hommes ne vivent pas leur mariage comme un enfermement, tous ne se plaignent pas de leur épouse comme un boulet qui râle et oui qui les engueulent parce qu'ils ont encore pissé sur la lunette des chiottes. Ils sont amoureux, et ils n'ont pas honte de dire qu'ils ont envie de passer plus de temps avec elle, ni qu'ils la trouvent belle, sans pour autant que ce soit sale ou qu'il y ait une référence au désir. Je ne sais pas d'où sortent ces clichés… peut être aussi que je suis dans un milieu privilégié, et que je fréquente que des gens bien dans ma vie perso. Mais je pense aussi qu'il faut arrêter de se vexer systématiquement, si les hommes parlent des femmes sans utiliser les mots qu'elles souhaiteraient que l'on emploie pour parler d'elles.  

https://instagram.com/p/B2MdAEboOs_

Je ne suis pas non plus entourée de gens qui se sentent « agressés » par les discours actuels, qui prêchent le « on ne peut plus rien faire, les femmes se sentent constamment mises à mal ». Personnellement, je n'ai pas trop de mal à distinguer le geste de courtoisie, parfois même un peu vieille école, du geste intéressé et lubrique.

Je remarque surtout deux choses :

- les femmes s'autocensurent beaucoup trop,

- les comportements grossiers viennent toujours des mêmes personnes.

3. L'auto-censure féminine

Je reste fascinées par ces discours d'auto-censure. Ils ne sont pas exclusivement féminins, mais je dirais qu'ils sont encore plus représentés chez les femmes.

Des questions de ce style me sont fréquemment posées par mon entourage plus ou moins proche, de la part de gens qui font du sport, et d'autres pas :  

Qu'est-ce qu'il se passe si tu te casse une jambe seule en montagne ? La même chose que pour un homme, en fait, j'ai mal. D'abord soit : 1. Je peux me déplacer avec douleur, mais me déplacer quand même, donc je vais chercher à me rapprocher d'une route, avant d'appeler à l'aide (de préférence mon compagnon ou des potes si pas dispo) 2. Je ne peux pas me déplacer, je suis coincée, j'appelle les secours. 3. Je suis plus en état d'appeler… et dans ce cas, je crèverais dans mon coin, c'est sûr. Mais il y a peu de chances. Et si je ne capte pas… et ben je marche/boîte/me traîne jusqu'à ce que j'ai du réseau. Voilà.

Tu n'as pas peur seule en montagne (=en tant que fille) ? Non. Je me sens beaucoup mieux qu'en ville. Et sur mon sentiment de sécurité, très objectivement, il y a beaucoup moins de chances de croiser de tordu en altitude que dans le fond de vallée ! Je n'ai pas l'impression en étant seule que la moindre personne croisée est un agresseur potentiel, si c'est comme ça que vous percevez le monde, comme une agression constante… il est temps de se calmer et de se forcer à changer de « lunettes » et à adopter un autre regard sur la vie et le monde ! Les seules fois où je me suis fait emmerder en courant, c'est par des racaillettes de 16/18 ans. Et je pars du principe qu'en cas de danger, je cours mieux qu'un potentiel agresseur dans la plupart des situations. Mais je reste vigilante, de manière à entendre ce qui se passe derrière moi. Dans un coin qui craint : pas d'écouteurs, pas de musique. Et j'essaye de ne pas avoir l'air d'une bête traquée, sinon, j'ai l'impression que ça pousse les cons à l'acte. Indifférence et sérénité, ça coupe court à toute invective dans 80 % des cas.  

https://instagram.com/p/B3JtoMjIY2R

Et de nuit, à 4h du matin ?! Une femme seule avec une lampe ?! Ben je ne me sens pas plus exposée qu'en pleine journée ! Objectivement, tout le monde dors, y compris les totos, donc statistiquement, il y a même moins de chance d'en croiser. Et je pense que leur première préoccupation s'ils cherchent une proie, ce n'est pas de monter sur un chemin de rando en montagne ! Quand aux bêtes qui bougent dans les fourrés… C'est impressionnant pour tout le monde, mais à part de déranger des bébés sangliers et d'être poursuivi par la mère en furie, je ne pense pas que ça craigne. On leur fait encore plus peur qu'ils ne nous effraient ! Enfin, il fait noir, et la lampe éblouie : je ne suis pas sûre que l'on distingue particulièrement une femme d'un homme à cette heure avancée.  

Et les emmerdes en vélo ? Par ailleurs, je constate quand même que mon taux d'emmerde s'est multiplié depuis que je fais du vélo de route. Mais encore une fois, il y a un biais statistiques : je croise beaucoup plus d'automobilistes sur une boucle sur route, que de personnes sur un chemin de rando. Les montagnes ne sont pas encore une autoroute !

Ensuite, il faut distinguer ce qui relève de l'inimité naturelle entre automobilistes et cyclistes, le partage de la route étant loin d'être acquis. Malgré tout… il reste quelques perles, qui jaillissent essentiellement quand je suis seule. On cherche plus souvent à me faire peur, on menace de m'écraser, à coup d'accélérations et de serrage à droite… et on m'insulte copieusement (« pute », salope », « dégage ! » Du très fleuri, en somme. Mais j'avoue que j'ai du mal à comprendre… Des fois, en ville, j'ai même du mal à comprendre que c'est pour moi, parce que je ne vois pas du tout le lien entre mon comportement et l'insulte. Ce qui fait parfois que le type s'énerve et me poursuit sur plusieurs centaines de mètres carreau baissé, pour être bien sûr que j'ai compris que il se foutait de ma gueule ?! Et what ? Je ne sais pas trop ce que ces gens attendent… Que j'ai peur ? Que je me roule en boule sur le coté de la route pour pleurer ? Ce qui est drôle, c'est de les rattraper au feu rouge : ben oui, ils se croient invincibles, rapides et inaccessibles dans leur boîte à moteur ! Et de les regarder dans le blanc des yeux. J'évite d'envenimer le truc, je ne dis pas grand chose, mais ma présence à coté les mets mal à l'aise et je montre simplement que je ne change pas mon itinéraire ou ma conduite pour eux. Pour moi, je ne vois pas plus qu'une petite crotte enfermée dans sa voiture ! Et je pense que c'est comme ça qu'ils se sentent après :D

https://instagram.com/p/B2GrkLsI7nn

Est-ce que ce comportement vient du fait que je suis une femme ? Je n'en suis pas sûre. Je pense qu'il est plus issu de l'inimité naturelle de l'automobiliste pour le cycliste. Seule l'insulte est sexuée, pour mieux « atteindre » sa cible.  

Je n'ai pas l'apanage du comportement des connards parce que je suis une femme, encore une fois. La preuve en est l'agression gratuite des copains du Grenoble Coffee Cycling Club, qui se sont fait foncer dessus par une camionnette de livraison, sur une piste cyclable ! Il ne faut pas voir le mal partout. Mais quand même hier, traversée de Grenoble en plein samedi aprem, après 150 km avec Liess : je quitte mon pote, et je me fais insulter trois fois, donc un Ducon en pick-up qui faisait des bruits d’orang-outan en accélérant en parallèle avec sa grosse bagnole… Statistiquement, après 7 h de vélo pénard avec mon pote, c'était curieux.  

4. de la vie réelle aux rézosozios

Les femmes sont moins présentes dans le cyclisme que dans la course à pied, curieusement. C'est vrai qu'on sent que c'est un milieu quand même plus masculin. Et bizarrement, l'inimité ne vient pas des anciens, mais plus des jeunes qui ont vite tendance à considérer que les femmes roulent lentement ou « pour la ballade ». Maladroitement, on a aussi tendance à considérer que l'on pourrait faire des groupes de fille pour rouler… alors que nos niveaux sont aussi disparates que celui des hommes ! Non, nous ne roulons pas toutes à la même allure ! Pourtant, c'est drôle parce que certainement femmes sont de véritables idoles du cyclisme : Jeannie Longo est souvent un sujet de blague, mais aussi une source d'admiration pour beaucoup de garçons !

https://instagram.com/p/B0b0bTiILGm

J'ai trouvé par contre hyper intéressant le podcast des couilles sur la table « pourquoi le sport reste encore un truc de mec ? » Je ne suis pas sûre d'adhérer à toutes les conclusions, mais certains points sont néanmoins très intéressant. Et l'intervenant est super bien choisi ! Oui, les performances féminines sont beaucoup moins valorisées que les performances masculines : le temps d'audience accordé aux femmes est moins important. Oui, c'est vrai, les femmes ne sont clairement pas les premières utilisatrices des aménagement sportifs en extérieur, et elles ont clairement du mal à se montrer en train de faire du sport. Oui, le sport est clairement associé chez les femmes, dans beaucoup de cas, à la perte de poids et utilisé dans un sens utilitaire. Très peu d'entre elles revendiquent le fait de s'entraîner pour la performance, et une proportion bien moindre que les hommes va s'inscrire à une compétition.

Je dis toujours en rigolant que c'est vachement plus facile d'être une fille sur Strava : pas que les filles sont moins bonnes, mais comme proportionnellement nous sommes moins nombreuses, j'arrive plus souvent en bonne place des classements, mais uniquement parce qu'il y a moins de concurrence. Je n'ai clairement pas un niveau de folie, donc c'est surtout qu'il y a peu de filles qui pratiquent, et encore moins qui s'inscrivent sur cette appli, et encore un peu moins qui utilisent les sentiers de montagne plutôt que les espaces aménagés au running de fond de vallée.  

https://instagram.com/p/B50jJmZIAs0

C'est aussi pour ça que je trouve ça chouette de trouver de beaux exemples de performance féminine comme Marine Leuleu. Oui, tout le monde rigole sur les blogueuses sport. Mais c'est facilement oublier les performances derrière. Sur Instagram, où l'on voit fleurir les comptes de filles qui courent, il faudrait voir, comme pour tout, à ne pas mettre tout le monde dans le même panier. Je me suis volontairement désabonnée du groupe Facebook « les genoux dans le GIF » après de nombreuses moqueries sur des filles que je trouve inspirantes, et qui n'étaient pas que l'objet de mecs (Fanny mes envies, Anne Dubndidu, Marine Leuleu…). La communication sur les réseaux sociaux est un peu ridicule, oui, ces comptes marchent certainement mieux parce qu'elles sont jolies, qu'elle prennent de jolies photo de leurs fesses moulées dans des caleçons de courses, je ne le nie pas… Mais au fond, derrière, cette dégradation devenait vraiment gratuite. On sentait toute la frustration de quelques bozos frustrés de ne pas percer dans leur sport qui dévaluaient gratuitement les performances de ces filles (« MDR, qu'elle aille courir 10km à 4:45 avec cette posture », « lol, un petit brunch après ton footing de 3 km ?! »)

Interclub Moirans 9
Interclub Moirans 9

J'ai trouvé ça super nul, je l'ai écrit, je me suis fait insultée (y compris par des filles!) et je me suis barrée. Il y a effectivement plein de blogueuses/instagrammeuses qui valorisent peut-être à outrance de faibles performances, mais il y a aussi à l'inverse plein de filles très performantes qui ne valorisent pas leurs réalisations. Et il y a aussi de bonnes performeuses qui valorisent leurs résultats : c'est le cas de ces gros comptes. Mais si l'on peut critiquer leur mode de communication peut-être très sexué et standardisé, je trouve agressif de moquer leur performance, et je crois que c'est là où se situe la limite du sexisme. Sinon, oui, il y a plein d'autres choses qui me font marrer sur cette page des Genoux dans le GIF. 

En effet, je trouve dur, par exemple, de se moquer d'Anne Dubndidu, qui est aujourd'hui une triathlète accomplie, qui fait des volume de ouf pour ses prépa Ironman, et qui explique sincèrement dans ses articles comment elle se pisse dessus en compétition pour ne pas perdre de temps sur une course… Je pense que niveau sincérité de la pratique, il n'y a plus grand-chose à prouver. Oui, elle est joli et poste des photos d'elle en maillot de bain.

En même temps, son compte est aussi un business, et elle vend je crois, du coaching et des cours de yoga, qu'il serait difficile de mettre en avant en postant uniquement des photos de paysage ou de ses pieds plein de boue après une sortie. Ce n'est pas quelqu'un, je crois, qui véhicule une image faussée de la performance, ni de ses performances, elle a plutôt un discours humble sur sa pratique, même si c'est son gagne-pain et que oui, elle en parle beaucoup. Elle a écrit un article sur comment elle vit ces atteintes et les agressions qu'elle subit en vélo. Je comprends sa colère.  

J'apprécie de lire également les publications plus militantes de Marion Poitevin, première femme à intégrer le groupe militaire de haute montagne, alpiniste émérite, guide et aujourd'hui secouriste pour une CRS de montagne. C'est rafraichissant, et elle pousse vraiment les autres femmes à sortir de cette auto-censure sur les métiers/les compétences/les performances.  

Et en dehors des réseaux sociaux, il y a plein de filles formidables, qui s'expriment moins,e t qui font de grandes choses aussi! J'en connais quelques unes à Grenoble, et ça rend humble. Vous pouvez par exemple, aller contempler les très belles photos de Jeanne Lepoix, qui est une cycliste spécialisée dans le voyage à vélo et le bikepacking. 

Et vous, qui sont vos grandes figures féminines?

Error

Anonymous comments are disabled in this journal

default userpic

Your IP address will be recorded