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Chilkoot - Born to Try 2020

Chilkoot - Born to try 2020
Chilkoot - Born to try 2020

Quelques lignes pour garder en mémoire cet étrange voyage organisé par Chilkoot, et qui m'a permis de traverser la moitié de la France dans une bulle à part.

C'est à proprement parler ma première expérience de longue distance, et en autonomie : 600km, de Volvic à Aragnouet, en passant par les forêts. La BTT (Born to Try) est la petite sœur de la BTR (Born to Ride), laquelle proposée une plus grande traversée de France, au départ de la forêt de Rambouillet, sur 1200km.  

Traîner en touriste à Lyon
Traîner en touriste à Lyon

Nous partîmes 3 du District Sud-Est, notre groupe de copains, et arrivâmes uniquement deux hélas, Olivier ayant souffert d'une intense déshydratation le premier jour, en raison de la canicule. J'ai roulé l'ensemble du parcours en binôme avec mon copain Gérard. 

Olivier avant le coup de chaud
Olivier avant le coup de chaud

La sensation la plus étrange, c'est finalement d'avoir eu une nouvelle approche de la route, pour moi : j'ai rarement traversé des lieux aussi vite, et j'ai adoré ça. Cette sensation de survol et en même temps de mérite, ce coté « on ne fait que filer, on ne laisse pas de trace ». A chaque village, on vise cimetière ou fontaine, au mieux une boulangerie ou un Vival et on repart. C'était un peu le grand écart avec le voyage à vélo avec Alain il y a 15 jours (où nous avons aussi traversé le massif central mais d'Est en Ouest, cette fois), où nous avons pris notre temps, et enchaîner les gargottes et les gîtes, mais j'ai aimé les deux.  

route des monts du Cantal (fort jolie mais 42°)
route des monts du Cantal (fort jolie mais 42°)

J'ai aimé voir que je pouvais rouler longtemps, et que les sensations de fatigue passent. De m'apercevoir que l'on peu rouler sans fraîcheur et même bien. Que justement, ces sensations de fatigue ou de fraîcheur sont tout aussi fugaces, et que oui, on peut retrouver de la fraîcheur (relative), même le troisième jour. Et que j'arrive à monter des rampes à 14 %, avec un pignon de 32 et chargée comme une mule avec 580km dans les pattes. Je n'y croyais pas moi-même. Très très galvanisant pour ma confiance en moi toujours fragile !

tentative de sieste avec la technique Gégé: casque sous la tête
tentative de sieste avec la technique Gégé: casque sous la tête

En ce sens, c'est clair que la présence de mon compagnon de voyage, Gégé, a été un bon soutien : se raccrocher derrière un camarade jovial dans les heures tristes, ça permet toujours au jambes de tenir le coup ! Je vais quand même de ce pas commander la cassette de 34 à poser pour les prochains voyages.  

J'ai vraiment plus tirer plein d'enseignements de cette expérience. J'ai beaucoup aimé la traversée des monts du Cantal, et passer aussi proche des terres familiales : j'ai encore redécouvert de jolis coins de France. Le final dans les Pyrénées était très beau, et assez émouvant aussi ! L'arrivée dans la réserve naturelle des lacs du Néouvielle, même si elle supposait un effort de fin assez intense, était vraiment pleine de sens.  

Rituel quasi religieux: petit-dej!
Rituel quasi religieux: petit-dej!

Je n'ose pas faire un récit au jour le jour dont la lecture pourrait être lassante ! Je vais donc me concentrer sur l'enseignement que j'en retire : je me dis que ça peut servir à d'autres, et cela me permettra aussi de me souvenir de mes constats à chaud ! 

La super surprise c'est la très jolie communauté de gens que l'on retrouve sur cet événement. Une vraie chaleur, plein d'échanges, des discussions vraiment inspirantes pour moi… J'ai croisé des extra-terrestres, de vrais champions (mais pas du style télévisé), mais plein d'humilité et très accessibles, qui rigolent et partagent leur tips avec beaucoup de gentillesse. Je suis partie avec la tête qui fourmille de nouvelles idées ! D'autres événements à essayer, d'autres routes à rouler, d'autres techniques de sommeil, d'autres stratégies de course…  

Le cimetière de 6h, la première eau de la journée
Le cimetière de 6h, la première eau de la journée

Coté alimentation, rien à redire, je crois. On a pas trop mal géré, avons fait des petits déjeuner vraiment chouette grâce à l'épouse de Gérard qui a eu la bonne idée de préparer des sachets de repas en poudre protéinés, à base de céréales et de fruits. Vraiment parfait pour essayer d'avaler un truc sain à 5h du matin, et pour s'hydrater. J'ai toujours dit que je détestait ce genre de produits, donc je reviendrais sur ma position : ne jamais dire jamais ! Cela ne remplace pas un petit dej solide ensuite, mais c'est vraiment pratique. Comme d'hab, je me lasse assez vite du manger sucré et des barres. Je n'avais pas pu prendre de poudre d'effort donc j'ai rempli mes bidons qu'à l'eau, mais les arrêts boulangerie permettent de s'envoyer quelques sodas salvateurs. J'ai apprécié les noix salées, et pouvoir manger un truc solide à midi et le soir. Mais c'est vraiment peanuts de manger sur le vélo, par rapport à la course à pied : je n'ai pas eu d’écœurements, de difficultés à m'alimenter, de troubles digestifs… En même temps, j'ai évité les fibres, à l'exception d'un ananas frais, ramené par Gérard et qui était bien désaltérant. Et même si on a bien roulé, s'agissant d'une course d'endurance, on n'est pas rentrés dans des intensités cardiaques qui secouent, donc cela crée moins de problèmes niveau alimentation.  

Petit dej de Luxe après mauvaise nuit
Petit dej de Luxe après mauvaise nuit

Vu la mauvaise aventure rencontrée par Olivier le premier jour, je vais continuer les achats de Saint Yorre sur le trajet, une eau bien salée, et peut-être prendre quelques comprimés de complément en sel sur les précédentes compétitions.

Concernant la gestion du sommeil, cela a été plus compliqué pour moi. J'ai tenu à programmer 2 nuits de 5h de dodo, et honnêtement, elles m'ont été inutiles. J'ai vraiment du mal à dormir en bivouac. Il faut soit que je travaille sur ce point, soit que j'en prenne le parti et que je dorme moins. Canicule oblige, mon duvet était trop chaud. Et malgré masque et boules Quies, impossible de prendre plus d'1 à 2h de sommeil, pour différentes raisons.  

Matin actif!
Matin actif!

La première nuit, je n'était pas assez fatiguée pour dormir, et inquiète à l'idée que nous n'avions pas assez avancé conformément à notre plan de course. Et très mal installée : je voulais gagner du temps de sommeil, donc je ne me suis même pas changée (j'ai juste enlevé le maillot de vélo pour mettre un tee shirt sec), pas lavée car pas d'eau, même pas le visage, spot trop proche de la route et trop en pente, Gégé qui ronfle, et pas voulu perdre du temps à détacher mon bagage avant, que je pensais utiliser comme oreiller : j'ai jamais trouvé de position confortable. Et j'osais plus bouger après de peur de réveiller mon collègue…  

dernier matin, dernier pain au chocolat
dernier matin, dernier pain au chocolat

La deuxième nuit, j'ai essayé de ne pas répliquer l'expérience, mais le dodo en forêt a généré trop de bruits d'animaux (marcassins voisins qui ont couiné toute la nuit + moustiques de merde, je me suis faite dévorée). J'avais emmené un anti-moustique mais pareil : impossible d'aller fourrager dans mon sac de peur de réveiller Gégé : nuit de nouveau moisie.  

La montée aux lacs du Néouvielle! Une pause dans les lacets
La montée aux lacs du Néouvielle! Une pause dans les lacets

Dorénavant, je crois que je vais tester les configurations suivantes :

- plus de pause de plus de trois heures, sommeil par cycle de 1h30. Si pas de fatigue et de sommeil : pas la peine de s'arrêter. A voir comment sont les jambes avec des coupures plus courtes.  

- meilleur choix du spot de bivouac : isolement de la route, mais pas en plein vent ni en pleine forêt. Finalement, un abri bus serait pas mal, je crois que je suis flippée quand je n'ai rien au-dessus de la tête. J'avais pris masque et boules Quies : masque bien pour trouver le sommeil rapidement, mais boules Quies insuffisantes pour gommer les petits bruits flippants. C'est fou parce qu'en montagne, il n'y a pas toute cette vie autour et du coup, je dors très bien d'habitude !

- sac de couchage résolument plus léger, ou sac à viande  + bivy isolant . J'ai suffisamment de sous-couches thermiques de vélo pour m'envelopper s'il fait frais (maillot manches longue et col en mérinos + doudoune compactable + veste étanche), surtout en été ! Donc gain de place et de poids.  

- enlever les vêtements de la journée, même si je ne peux pas me laver. Passer trois jour avec le même cuissard sur les fesses devient irritant. J'avais pris short + tee-shirt en coton : ça ne sert à rien de les emmener pour se priver de les utiliser.

passeport validé!
passeport validé!

D'ailleurs, si je n'ai pas utilisé pleinement certaines affaires, c'est aussi à cause de leur mauvaise accessibilité : il faut absolument que je change ma sacoche de cadre, je mets trop de temps à la défaire / rattacher, et je ne peux rien attraper (tube qui se roule par deux bouts, accrochés au guidon). Et en plus elle me gêne pour passer les vitesses ou freiner, quand elle est mal positionnée (en même temps, elle était pleine à craquer), c'est vraiment pénible.

Lac d'Orédon, arrivée
Lac d'Orédon, arrivée

Je ne prendrais plus de tenue de rechange, c'est inutile. Par contre, j'essayerais de me laver, et de laver mes vêtements, quitte à les remettre un peu mouillés, dès que je trouve des toilettes publiques. Les lingettes que j'avais emmenées ne servent à rien : j'aime pas l'odeur, et je me sent toujours cracra. Un gant de toilette + du savon : beaucoup mieux. Je n'ai pu faire une toilette de chat que le deuxième jour et une douche le troisième jour… C'était pas une bonne stratégie. Toilette de chat au minimum tous les jours, au risque d'avoir la peau des fesses trop abrasée par le sel (oui, c'est glam, je sais. Mais j'aurais aimé qu'on me le dise avant : c'est pas juste une question de propreté et d'hygiène, ça génère d'autres problèmes derrière (voir de derrière)). A ce stade, de toute façon, on avait tous accepté de puer.  

Grimpée derrière Gégé
Grimpée derrière Gégé

Je suis un peu déçue de mon investissement dans mon porte bagage Tailfin. Mon recul de selle ne me permet pas d'utiliser toute la place disponible de la sacoche, donc la répartition des affaires le matin, et la refixation sur son rail est compliquée. J'ai par ailleurs perdu 2 petites pièces sans trop d'incidences, mais sur un produit de ce prix, c'est quand même un peu dommage. Deux avantages cependant : elle fait garde-boue et offre une bonne stabilité. Et est à l'origine de pas mal de début de conversation ! XD Je vais essayer de la remplir un peu moins, et de mieux organiser le paquetage avant.  

montée sur Vaour au petits feu de la fin du jour
montée sur Vaour au petits feu de la fin du jour

La vraie conclusion c'est que je suis vraiment gênée par mon tout petit cadre, avec des barres assez épaisses, mais qui ne permet pas d'accrocher beaucoup de choses. Cadre moulé carbone : ne permet aucun trou ni aucun aménagement orienté voyage donc à force, ça devient usant ! Problème : que prendre à la place, sans hypothéquer un rein ? Je crains vraiment quand même qu'Arlette ne fasse la connaissance d'une petite sœur dans l'année qui vient. On verra bien : rien de pressé.  

Voilà pour les considérations matérielles ! J'ai du mal à redescendre de mon petit nuage : c'était un chouette moment, hors du monde et hors du temps, à faire une des choses que j'aime le plus au monde : rouler avec des copains. Ça ne pouvait pas être vilain ! C'est le seul événement sportif de toute cette année triste 2020 pour moi, COVID oblige : je l'ai donc particulièrement savouré. L'année prochaine, je reviendrais, c'est sûr !

Le cadre aprfait de l'arrivée pour Arlette
Le cadre aprfait de l'arrivée pour Arlette


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