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Week-end en Oisans avec Mathilde

Mathilde dans Sarenne
Mathilde dans Sarenne

Quelques mots pour garder trace de ces dernières 48h qui m’ont parues juste parfaites !

Avec Mathilde, au retour de la BTT 2020, nous nous motivons pour un tour dans les Ecrins, à l’attaque du très sauvage col de Solude, lequel m’avait été chaudement recommandé par Steve Hampton : passage de 3km de gravel, tunnels taillés dans la roche, route confidentielle et peu entretenue, mais points de vue sur les Ecrins sauvages garantis.

Qui de nous deux lança la première l’idée d’un WE « ascension » en Oisans ? La mémoire collective nous fait défaut. Toujours est-il que nous fixions la date du 5/6 septembre pour venir poser une toile de tente au camping de Bourg d’Oisans, et venir checker les montées du coin. Pas tant pour la recherche du tableau de chasse (quoi que !), mais plus pour venir profiter de ses paysages extraordinaires.

col de Sarenne
col de Sarenne

On commence samedi matin, après une session glandouille montage de tente/ boulangerie magique, par l’ascension du col de Sarenne par son versant le plus sauvage. Une montée magnifique, avec de beaux points de vue sur le plateau d’Emparis, mais pas gratuite pour autant ! Nous croisons Nathalie peu après la bascule du sommet, qui file retrouver des copains à l’arrivée de la Marmotte (cyclosportive de plus de 5000m de d+ dont l’arrivée se situait à l’Alpe d’Huez ce samedi), et nous traversons nous-aussi « Disneyland » direction le petit col du Poutran, derrière la station, et le lac Besson, au bord duquel nous mangerons notre sandwich monté à la sueur de notre front ! Plus touristique que le versant de Sarenne mais très supportable. Il est juste exceptionnel de monter à cette altitude en vélo de route, et de profiter de paysages codés « haute montagne », sans se retrouver sur les autoroutes alpines et leurs usagers (hautes routes mais partagées avec camping car, motos et autres pratiquants de la petite reine) qui gâchent parfois un peu les sensations dans l’Izoard ou l’Iseran. L’exclusivité momentanée d’un beau paysage renforce certainement l’impression que l’on en garde…  

échancrure sur les Ecrins
échancrure sur les Ecrins

Après un chill généreux, les jambes au soleil, nous redescendons direction le pas de la Confession, par une très jolie route en balcons. Rejoignant Allemond à une heure encore très raisonnable, nous en profitons pour checker une autre montée locale : celle qui monte à Oulle, plus petit village d’Isère, perché en haut d’une vertigineuse route en lacets, creusée dans la paroi rocheuse, aux abords du plus célèbre col d’Ornon. Le revêtement est bien abîmé par les racines et le gel hivernal, mais la montée (un cul de sac) est spectaculaire tant elle offre de beaux points de vue, et même, en elle-même : la route est assez folle, collée à la paroi. Je me souviens d’avoir jeté un oeuil dans le premier lacet, contemplant une grade cascade qui nous surplombait, en me disant « je ne vois pas où ça monte » … deuxième coup d’oeuil : mais si ! Il y une rampe bétonnée assez discrète, juste à coté de la cascade ! Non, impossible, j’ai dû rêver. En fait non, ce n’est pas une hallucination : il s’agit de la rampe du 8ème virage élégamment surnommé « l’Ange » ! Et oui, détail touchant : chaque virage a été baptisé, et les petits panneaux en bois rythment notre progression. On s’est demandé si beaucoup de cyclistes avait fait le saut de l’Ange en ratant ce virage en descente, mais confèrent les panneau en haut du village : il s’agirait plutôt de l’emplacement d’une ancienne chapelle votive (le lieu confine à l’extatique, il faut bien l’admettre) !

Après le Poutran
Après le Poutran

Re-chill au sommet, assises face à la minuscule buvette du village (fermée, hélas, en dehors des mois de juillet et d’août) : bien nommée Oullala ! :) Nous regardons le soleil descendre sur l’horizon en grignotant des petits sablés pur beurre, imbibés de transpiration. Belle quiétude avant de redescendre nous jeter dans la pente : Mathilde fait fumer ses disques en descente, bonne rigolade au pied de la descente (« tu veux voir un truc drôle ? » dit-elle avant de jeter sa gourde sur ses disques fumants : on aurait un steak dans une poêle brûlante). S’en suit une recherche difficile d’un truc à moanger (Bourg d’Oisans, 20h30, on te refuse au restau car « il est trop tard » : on est des putain de citadines ou c’est vraiment fou ?!) et une très très bonne glace à l’Hôtel des Alpes (3 boules, pour compenser l’absence de restau).

Apéro campeur
Apéro campeur

Le lendemain matin, Aurélien nous rejoint, et nous partons assez tard (l’éternel engourdissement du matin devant le café/boulangerie + pliage de tente) pour les balcons d’Auris. Nous empruntons les 5 premiers lacets de l’Alpes d’Huez, dans lesquels se jettent des cyclistes en pleine représentation de leur carrière perdue (je suis désolée, c’est une très belle route, mais comme sur le Ventoux, je DETESTE ce genre d’ambiance!), et nous bifurquons sur une voie beaucoup moins empruntée, et rejoignons le hameau de la Carte d’Haute. A ce stade, mon GPS indique 7,5 km et 700m de D+ … Bien l’échauffement de bon matin ! :’)

Nous retombons ensuite sur la route du Lautaret au Freney d’Oisans et redescendant en fond de vallée pour emprunter la vallée du Vénéon direction la Bérarde. La montée s’annonce longue (27km) et si on la pensait facile… on se trompait ! Car même si la longueur lisse le dénivelé, il y a deux murs à monter quand même et des portions de faux plat. Par contre, niveau paysages, c’est la claque monumentale après Saint Christophe en Oisans ! Il est rare d’être aussi proche de la Haute Montagne et de ses sensations minérales et sauvage, en vélo de route. Les points de vue sur les sommets enneigés des Ecrins sont incroyables, on voit des cascades majestueuses se jeter dans le vide de parois verticales, 2 glaciers luisent au soleil… 

On bifurque plein Est et là pour moi c’est la claque : tout s’aligne, je vois l’aiguille de la Dibonna percer les nuages, je reconnais les sommets tout en ne les ayant jamais vu de ce versant, le Dôme des Ecrins, pointe de Pié Bérarde, je reconnais les peintures de Rochette, les photos d’alpinisme dans les livres… sacré flash ! Je ne vois pas encore la Bérarde, mais je sais qu’elle est juste en-dessous. En attendant, on remonte un vallon bien vertical, sur une route en balcon où c’est à peine si on est à l’aise pour croiser une voiture… C’est vraiment immersif ! Le tout se clôture avec une glace maison en terrasse au village. Je ne saurais que trop recommander de monter dans cette vallée qui se termine malgré tout dans un mur : celui des glaciers. Nous redescendrons vent de face… Mais heureux !

lac Besson 1
lac Besson 1

Finalement, je ressors de ce week-end avec presque plus d’envies encore ! Tellement de possibilités, en Oisans, c’est juste fou ! Au programme et pour bientôt, j’espère : une ascension au col du Sabot, et peut-être quand même un jour, malgré ma bîle sur cette route si parcourue, une montée de l’Alpe-d’Huez en entier ! En vrai, je n’ai parcouru que l’Alpe du Zwift, et ce n’était pas du tout ma priorité ce week-end. Restent également la perspective de l’ancienne route du Solude, recommandée par Jean-Philippe, ainsi que des perspectives intéressantes autour de Besse et d’Auris-en-Oisans. Gageons qu’avec un gravel, ce serait encore un champ de possibles supplémentaires. Je me suis aussi abîmée les yeux sur les cartes, au retour, pour essayer de mettre des noms sur les sommets aperçus que je n’ai pas reconnus… ce qui a ouvert d’autres perspectives : celles de belles rando alpines ! Autant dire que le retour au travail ce matin ressemblait dangereusement à une descente d’acide.

Mathilde
Mathilde


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